Défauts et dangers des traitements actuels

Le nombre d’enfants asthmatiques ne cesse de croître partout dans le monde (Murray & coll, 2006; Leikauf & coll., 1995).

Le traitement de l’asthme qui est recommandé actuellement souffre de plusieurs lacunes. La pompe bleue et la pompe orange (le bronchodilatateur et l’anti-inflammatoire stéroïdien) sont d’une importance vitale pour les asthmatiques, c’est évident, mais il est de notoriété publique que ces traitements sont purement symptomatiques.

C’est d’ailleurs pour cette raison que la recherche se concentre actuellement sur les causes de l’asthme et des allergies, dans l’espoir d’endiger à la source cette cascade immunitaire qui mène aux crises allergiques et asthmatiques (Belliveau, 2005). Il est d’autant plus urgent de trouver de meilleurs traitements pour l’asthme que l’incidence d’effets secondaires inacceptables consécutifs à l’usage de beta-agonistes est beaucoup trop élevée. L’agitation, l’instabilité et de brutales augmentations du rythme cardiaque (tachycardie) sont rapportées par 58, 57 et 56% des asthmatiques. 96 % des patients considèrent que leur médecin n’a pas de sympathie pour leur sort et qu’il ne veut pas entendre parler de ces effets secondaires (White, 1999). Comment peut-on vivre des années, parfois même toute une vie, dans une telle agitation, avec la crainte d’une attaque d’asthme mortelle si l’on cesse de prendre le médicament qui cause ces troubles? Quels sont les coûts humains de ces pathologies induites par les médicaments?

Ainsi, la recherche se tourne vers d’autres moyens de contrer l’asthme. Mais nous craignons cependant que, dans l’attente de la prochaine panacée, oserait-on dire, les décideurs n’oublient les acquis actuels de la recherche.

Les besoins spécifiques des asthmatiques

Les asthmatiques souffrent d’un certain nombre de troubles associés à une réponse immunitaire exagérée. Nous verrons plus loin qu’il est possible de traiter ces anormalités.

L’hypomagnésie

En premier lieu, la plupart des asthmatiques vivent dans un état constant d’hypomagnésie (Touyz, 2004; Sedighi & coll, 2006; Alamoudi, 2001). Le magnésium, qui est utilisé aux soins intensifs pour dilater les bronches et les vaisseaux sanguins (dans l’asthme sévère et la prééclampsie, respectivement) n’est pas un bronchodilatateur comme les autres. C’est le bronchodilatateur du corps; c’est l’ion qui bloque les canaux calcium dont l’activation cause la contraction des bronches (Gourgoulianis & coll. 2001). Lors des crises, l’hypomagnésie est exacerbée et l’infusion intraveineuse de magnésium permet de stabiliser l’état du patient même quand les traitements habituels sont demeurés inefficaces (Devi, 1997). Il est difficile de comprendre pourquoi le magnésium ne fait pas partie de la pharmacopée habituelle contre l’asthme. Une des raisons probables de cette négligence pourrait être que la plupart des cliniciens croient que les tests sanguins habituels renseignent sur les taux de magnésium de leurs patients. Ces tests sont pourtant sans valeur diagnostique appréciable, ils donnent des « faux négatifs »; c’est dans les cellules que se trouve le magnésium, et c’est là qu’il faut le chercher (Touyz, 2004).

L’épuisement des défenses anti-inflammatoires et antioxydantes

Il ne faudrait pas croire que la cortisone répond à tous les besoins de l’asthmatique aux prises avec de régulières crises inflammatoires. L’organisme répond à l’inflammation au moyen d’une large gamme d’enzymes et de molécules qui sont susceptibles d’être affectées par la maladie. La recherche prouve que c’est le cas.

Les asthmatiques manquent de zinc (Tahan & coll, 2006). Cette carence est étroitement liée au processus inflammatoire, de même qu’aux mécanismes de reconstruction des tissus pulmonaires lésés par l’inflammation (Tudor & coll, 2005; Zalewski & coll, 2005; Truong-Tran & coll, 2001). Négliger cette carence en zinc chez l’asthmatique revient à encourager la dégénérescence du poumon de l’asthmatique et l’activation immunitaire de même qu’à promouvoir la dépendance aux médicaments.

Il existe d’autres carences chez l’asthmatique qui doivent être comblées. L’hyperactivité immunitaire du poumon asthmatique génère des besoins importants que l’alimentation ne comble pas complètement : mentionnons le manganese (Kocyigit & coll. 2004) et les vitamines antioxydantes (A, C, E) (Riccioni & coll. 2007).

La lutte des athmatiques pour leurs droits

Il est urgent de faire connaître ces problèmes aux médecins qui croient qu’il n’existe que la cortisone comme moyen de contrer l’inflammation et ses méfaits.

Certains médecins, prenant conscience de ces nombreux problèmes métaboliques, agissent. L’administration des molécules que nous avons mentionnées (et de certaines autres), par voie intraveineuse pour de meilleurs résultats, améliore de façon marquée la fonction pulmonaire des asthmatiques. Si le traitement est administré régulièrement, on observe des améliorations spectaculaires. Les tests de spirométrie, qui mesurent la gravité de l’asthme, indiquent des améliorations allant de 45 % à 95 %. Plus le traitement est assidu et prolongé, meilleure est la récupération de la fonction respiratoire (Shrader, 2004).

Nous estimons que la négligence de l’intégrité physique des malades a assez duré. Une maladie chronique comme l’asthme engendre des besoins particuliers, c’est évident, et s’ils ne sont pas comblés, la maladie perdurera et s’aggravera. Si les asthmatiques recevaient le soutien métabolique auquel ils ont droit, ils verraient leur condition s’améliorer.

C’est pourquoi:

Nous exigeons que le protocole employé dans l’étude publiée dans le Nutrition Journal en 2004 soit accessible à toutes les personnes asthmatiques qui estiment avoir droit à leur intégrité physique.
Nous exigeons que l’ensemble des connaissances sur les conséquences métaboliques de l’asthme soient communiquées aux cliniciens. Il faut faire en sorte que les besoins fondamentaux des patients occupent une place de premier plan dans la formation continue des cliniciens.

Références

Murray CS, Simpson B, Kerry G, Woodcock A, Custovic A (2006). « Dietary intake in sensitized children with recurrent wheeze and healthy controls: a nested case-control study ». Allergy 61 (4): 438-42. DOI:10.1111/j.1398-9995.2005.00927.x. PMID 16512805.
Leikauf GD, Kline S, Albert RE, Baxter CS, Bernstein DI, Buncher CR (1995). « Evaluation of a possible association of urban air toxics and asthma« . Environ. Health Perspect. 103 Suppl 6: 253-71. PMID 8549483.
Belliveau PP (2005). « Omalizumab: a monoclonal anti-IgE antibody« . MedGenMed : Medscape general medicine 7 (1): 27. PMID 16369332.
Gourgoulianis KI, Chatziparasidis G, Chatziefthimiou A, Molyvdas PA (2001). « Magnesium as a relaxing factor of airway smooth muscles ». Journal of aerosol medicine : the official journal of the International Society for Aerosols in Medicine 14 (3): 301-7. DOI:10.1089/089426801316970259. PMID 11693841.
White MV, Sander N (1999). « Asthma from the perspective of the patient ». J. Allergy Clin. Immunol. 104 (2 Pt 2): S47-52. PMID 10452788.
Touyz RM (2004). « Magnesium in clinical medicine ». Front. Biosci. 9: 1278-93. PMID 14977544.
Sedighi M, Pourpak Z, Bavarian B, Safaralizadeh R, Zare A, Moin M (2006). « Low magnesium concentration in erythrocytes of children with acute asthma ». Iranian journal of allergy, asthma, and immunology 5 (4): 183-6. DOI:05.04/ijaai.183186. PMID 17237571.
Alamoudi OS (2001). « Electrolyte disturbances in patients with chronic, stable asthma: effect of therapy« . Chest 120 (2): 431-6. PMID 11502640.
Devi PR, Kumar L, Singhi S, Prasad R, Singh M. Intravenous magnesium sulfate in acute severe asthma not responding to conventional therapy. Indian Pediatr. 1997;34:389–97.
Tahan F, Karakukcu C (2006). « Zinc status in infantile wheezing ». Pediatr. Pulmonol. 41 (7): 630-4. DOI:10.1002/ppul.20413. PMID 16703575.
Tudor R, Zalewski PD, Ratnaike RN (2005). « Zinc in health and chronic disease ». The journal of nutrition, health & aging 9 (1): 45-51. PMID 15750665.
Zalewski PD, Truong-Tran AQ, Grosser D, Jayaram L, Murgia C, Ruffin RE (2005). « Zinc metabolism in airway epithelium and airway inflammation: basic mechanisms and clinical targets. A review ». Pharmacol. Ther. 105 (2): 127-49. DOI:10.1016/j.pharmthera.2004.09.004. PMID 15670623.
Truong-Tran AQ, Carter J, Ruffin R, Zalewski PD (2001). « New insights into the role of zinc in the respiratory epithelium ». Immunol. Cell Biol. 79 (2): 170-7. PMID 11264713.
Kocyigit A, Zeyrek D, Keles H, Koylu A (2004). « Relationship among manganese, arginase, and nitric oxide in childhood asthma ». Biological trace element research 102 (1-3): 11-8. PMID 15621923.
Riccioni G, Barbara M, Bucciarelli T, di Ilio C, D’Orazio N (2007). « Antioxidant vitamin supplementation in asthma ». Ann. Clin. Lab. Sci. 37 (1): 96-101. PMID 17311877.
Shrader WA (2004). « Short and long term treatment of asthma with intravenous nutrients« . Nutrition journal 3: 6. DOI:10.1186/1475-2891-3-6. PMID 15144562.

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