La maladie dont la cause est la plus difficile à déterminer est celle qui est omniprésente, car il est impossible de la découvrir à partir de sa distribution dans la population. (Rose, 1986, 2001; Tradaptation: ODS)

En 1986, l’épidémiologue Geoffrey Rose a secoué la communauté scientifique en rappelant que, dans l’étude des causes, de l’incidence et du déroulement des maladies affectant une population donnée, c’est-à-dire en épidémiologie, ce qui compte, avant tout, n’est pas de savoir pourquoi telle personne est x % plus à risque qu’une autre de contracter une maladie (l’incidence), mais de comprendre les causes de l’incidence de cette maladie. La médecine, et l’épidémiologie en particulier, doivent se consacrer aux causes des maladies avant tout. Évidence pour le commun des mortels, cette déclaration a mis dans l’embarras une multitude de chercheurs qui avaient commencé à se sentir plus à l’aise dans l’environnement des chiffres qu’il ne le faut. Geoffrey Rose rappelait que penser est plus important que compter.

Dans « Sick individuals and sick populations », Rose illustre son propos en donnant l’exemple embarassant de la population de l’Écosse, au sein de laquelle on n’observe aucune corrélation entre le degré de dureté de l’eau et la santé cardiovasculaire, malgré l’existence de plusieurs autres études indiquant que les eaux potables minéralisées (« dures ») protègent des maladies cardiovasculaires, notamment à cause de leurs concentrations en magnésium (et peut-être en calcium).

Les minéraux dans l’eau potable ne protègent donc pas les écossais? Quelle est la raison de ce mystère? C’est tout simplement qu’en Écosse, toutes les eaux potables sont douces, il n’y a de toutes façons que très peu de minéraux dans leur eau!

Le problème est que les procédés de filtration des eaux actuels et les techniques de « raffinage » des farines rendent l’alimentation moderne, de facto, pauvre en magnésium.

Comment le faire comprendre au législateur?

Références

Rose, G (2001). « Sick individuals and sick populations« . International journal of epidemiology 30 (3): 427-32; discussion 433-4. PMID 11416056

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