Excusez-mon impudence, docteur, mais…

À ce jour, la question suivante a reçu près de 1000 clics sur le site de l’association Le Cancer du Sein, Parlons-en! :

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Être de race noire?
Est ce que les facteurs suivants augmentent les risques de développer le cancer du sein. Etre de race noire et d’avoir des seins volumineux ? (…)

Non, le fait d’avoir la peau noire ou des gros seins n’augmente pas le risque ! (…)

Erreur, docteur!

Les femmes noires sont effectivement plus à risque de contracter un cancer, notamment un cancer du sein, si elles vivent à Montréal ou à Paris, par exemple, car leur peau, riche en mélanine, les surprotège des rayons ultraviolets nécessaires à la production de vitamine D. Cette question n’est pas ridicule et ne mérite pas une réponse sans appel ni références, ornée d’un point d’exclamation.

Il est clair que la vitamine D protège contre la formation de cellules cancéreuses dans les glandes mammaires. Le récepteur de la vitamine D est présent dans le sein, et son activation est inhibitrice de la croissance, ce qui participerait à l’effet anticancer de la vitamine D. Les études épidémiologiques soutiennent l’existence d’une association inverse entre la vitamine D et le cancer du sein. Il n’y a plus vraiment controverse à ce sujet (John & al., 2007; Mead, 2007).

Dans l’état actuel des choses, les personnes dont la peau est foncée sont, pour une large part, carencées en vitamine D et l’ignorent, pensant que la consommation de vitamine D par le lait et les autres aliments dits fortifiés les protège (Vieth, 2001).

En vérité, la quantité de vitamine D présente dans un verre de lait est équivalente à un bain de soleil de 12 secondes… si vous avez la peau blanche (Vieth, 2002). Quand on est Noir ou Noire, ou si l’on couvre sa peau pour des raisons religieuses ou culturelles, cela se complique (John & al., 2007).

Pour ces personnes il faut violer le grand commandement de la médecine :

DE SUPPLÉMENTS TU NE CONSOMMERAS

Références

Vieth R, Fraser D, « Vitamin D insufficiency: no recommended dietary allowance exists for this nutrient », dans CMAJ : Canadian Medical Association journal = journal de l’Association medicale canadienne, 2002, p. 1541–2

Mead MN, « Sunny side of cancer prevention », dans Environ. Health Perspect., 2007, p. A402–3

John EM, Schwartz GG, Koo J, Wang W, Ingles SA, « Sun Exposure, Vitamin D Receptor Gene Polymorphisms, and Breast Cancer Risk in a Multiethnic Population », dans American Journal of Epidemiology, 2007

We believe that sunlight helps to reduce women’s risk of breast cancer because the body manufactures the active form of vitamin D from exposure to sunlight,” Dr John stated. “It is possible that these effects were observed only among light- skinned women because sun exposure produces less vitamin D among women with naturally darker pigmentation.

Vieth R, Cole DE, Hawker GA, Trang HM, Rubin LA, « Wintertime vitamin D insufficiency is common in young Canadian women, and their vitamin D intake does not prevent it », dans European journal of clinical nutrition, 2001, p. 1091–7

The self-reported vitamin D intake from milk and/or multivitamins does not relate to prevention of low vitamin D nutritional status of young women in winter. Recommended vitamin D intakes are too small to prevent insufficiency. Vitamin D nutrition can only be assessed by measuring serum 25(OH)D concentration.

Voir aussi

Comment mener des expérimentations sur 1) des foetus, 2) des minorités «raciales» et 3) des minorités religieuses en toute impunité

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