brave-new-world.jpgIl est incontestable que l’ensemble de la population, n’étant pas bien informée par les élites, est handicappée neurologiquement par manque de vitamine C, de vitamine D, de magnésium, d’acides gras polyinsaturés, d’eau, et d’autres molécules de base qui devraient être apportées en quantités adéquates, selon les besoins de la personne, et non pas selon les besoins de l’industrie de l’agro-alimentaire et du complexe médico-industriel. Il est évident qu’à ces handicaps se surajoutent ceux causés par les métaux lourds, dont le plomb, et par d’autres produits de l’industrie qui, on le sait, affectent le cerveau, ce délicat organe, avant tout autre partie du corps.

Mais une autre particularité de cet organe si sensible, du moins chez les Grands Primates, dont l’homme, est qu’il ne peut s’épanouir que s’il entretient des contacts significatifs avec autrui, avec d’autres cerveaux, via les neurones miroirs. Ainsi donc, la culture de l’horreur se propage comme une maladie neurologiquement transmissible, nous rendant tous blasés, insensibles et égocentriques. Mais n’y a-t-il d’autres solutions que la censure (qui permet de suppléer aux super-neurones miroirs décrits dans Diagnostic et traitement de la sociopathie ordinaire) et la réhabilitation, notamment à l’aide de l’imagerie médicale?

L’ultime violence, qui court-circuite absolument nos neurones miroirs, est celle qui frappe des personnes que nous savons véritablement vivantes. Entre les adeptes de Quentin Tarantino et les personnes qui suivent l’actualité sans jamais la rattraper, y a-t-il une si grande différence?

Certains ont des troubles de l’humeur, d’autres non, mais la vaste majorité d’entre nous ne sait pas ou n’a pas les moyens d’écouter la voix de la conscience — la voix des neurones miroirs/empathiques. C’est que voilà, le monde est si grand, et nous sommes si petits!

Le sens moral — le bonheur de soulager la souffrance, le soin aux plus faibles, l’instinct qui pousse à porter secours, sont restés intacts chez nos cousins les primates. La principale raison : ils vivent en petits groupes, de quelques dizaines d’individus (Baschetti, 2006). Les sociétés humaines, par contre, accommodent assez bien les actes répréhensibles et l’égocentrisme, qui seront noyés dans l’anonymat. On pense que c’est la naissance de l’agriculture qui aurait donné le coup d’envoi de cette vaste partie de massacre.

Les troubles de l’humeur dans tout cela? Pourquoi poser un cataplasme  sur une tête de bois? Tous et toutes, nous devrions être anéantis par le désespoir, l’anxiété, l’insomnie, les phobies, e tutti quanti. Mais nos neurones empathiques doivent être tus, il nous faut « lâcher prise », pour nous occuper de nous-mêmes, de notre bac vert, de notre panier d’épicerie et de notre bulletin de vote.

Et l’on veut se faire croire qu’en s’occupant de sa tribu immédiate, on aura fait sa part. Comme si la vie était une jolie chorégraphie. Allez dire ça aux 90 % de l’humanité qui sont exploités par les oligarchies que nous élisons, que nous faisons vivre, pour lesquelles nous travaillons.

La panacée aux troubles de l’humeur est dans la reconquète des neurones empathiques, sans quoi la vie sera artificiellement heureuse ou quiète. Ce qu’on appelle le bonheur actuellement n’est qu’un cas particulier d’autisme.

Et ce n’est pas à une petite échelle que la reconquète se joue, mais à l’échelle même de l’Humanité.

Solidarity is the best medicine

Références

Ramonet, Ignacio. The politics of hunger. Le Monde Diplomatique, version anglaise.

Baschetti R. The dawn of science-based moral reasoning. Med Hypotheses. 2007;68(1):4-8. Epub 2006 Sep 15.

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