===(rédaction en cours)===

Cher docteur,

Nous avons récemment parlé du fait que le manque de vitamine D semblait être impliqué dans le développement de l’autoimmunité (Vieth, 2004). Je comprends votre point de vue: nous n’en savons pas encore assez. Aucune ligne directrice n’a été publiée à ce sujet. Pourtant, de telles précautions, qui seraient totalement justifiées s’il était question d’un médicament potentiellement dangereux, ne s’appliquent pas une molécule peu dangereuse (Vieth, 1999), qui fait défaut à un nombre considérable de personnes (cela ne fait plus l’ombre d’un doute désormais) (Vieth 2004).

Cependant, il faut se demander si la médecine factuelle (Evidence-based medicine) est la seule voix qui fait autorité en médecine en général, et dans le domaine des maladies autoimmunes en particulier. Doit-on attendre un essai randomisé à double insu? Ma maladie est rare, les fonds sont limités, la vitamine D ne bénéficie à aucune compagnie en particulier et est donc peu intéressante comme objet de recherche. Voir à ce sujet l’article Evidence-based medicine du CITIZENDIUM, l’encyclopédie en ligne écrite en collaboration par des experts et des citoyens.

Nous allons mesurer les concentrations de vitamine D dans mon sang. Connaitrons-nous alors le rôle de la vitamine D dans l’autoimmunité? Non, mais si le test est positif et indique une concentration basse de ce stéroïde, nous aurons fait un pas vers notre objectif premier, mon bien.

Dans le même ordre d’idée, vous savez qu’il existe plusieurs théories, hypothèses, études préliminaires et études cliniques de petite envergure (d’envergure abordable à des cliniciens-chercheurs ordinaires sous-subventionnés, pourrait-on ironiser), qui indiquent que l’auto-immunité est une réponse à certains polluants et xénobiotiques. Je vous propose de nous libérer, vous en tant que médecin et moi en tant que patient, de l’empire de l’opinion: comme vous le savez, ces hypothèses ont mauvaise presse. Elles ratissent large. Prenons le cas du mercure: le thimerosal (un additif dans plusieurs vaccins), les plombages et les poissons sont tous mentionnés comme sources de mercure. Cela veut dire que toute déclaration en faveur d’un lien entre les maladies auto-immunes et le mercure peut être utilisée (à tort ou à raison) comme arme contre les infectiologues, les dentistes et les nutritionnistes. Il n’est pas facile dans un tel climat de mener des recherches sans interférences, avec suffisamment de fonds, et avec un espoir réaliste de se faire publier dans un journal digne de l’ampleur de la découverte. Mais vous et moi pouvons quitter ce terrain glissant en testant le mercure dans mon corps (oui, je sais, ce test n’est pas couvert, en partie pour les raisons énumérées ci-dessus — je vais m’arranger), et, si l’hypothèse semble se vérifier, vous n’aurez pas à vous exposer à la controverse, mais vous pourrez éventuellement dire, en privé, que les preuves disponibles ont été suffisantes pour justifier un test, qui a été positif, et qui vous amis sur la piste d’un traitement de chélation au DMPS, au DMSA, ou à l’acide alpha-lipoïque (Rooney, 2007) cette quasi vitamine qui fait parler d’elle en raison de ses vertus ergoniques et détoxifiantes.

Je voudrais revenir à la question de la vitamine D, pour avancer un autre point. Je prends des corticostéroïdes. L’usage de corticostéroïdes est associé à des troubles osseux. La vitamine D pourrait être impliquée dans cette association. Comme vous le voyez, attendre des réponses claires et définitives de la médecine dite factuelle peut nous détourner des choses importantes, tandis que la médecine dite clinique.

Références

(incomplètes)

Rooney JP. (2007) « The role of thiols, dithiols, nutritional factors and interacting ligands in the toxicology of mercury. » Toxicology. May 20;234(3):145-56. Epub 2007 Mar 1.

Vieth R. (1999). « Vitamin D supplementation, 25-hydroxyvitamin D concentrations, and safety. » Am J Clin Nutr. May;69(5):842-56J

Vieth R. (2004) « Why the optimal requirement for Vitamin D3 is probably much higher than what is officially recommended for adults. » Steroid Biochem Mol Biol. May;89-90(1-5):575-9.
Department of Laboratory Medicine and Pathobiology, University of Toronto, and Pathology and Laboratory Medicine, Mount Sinai Hospital, Toronto, Canada M5G 1X5. rvieth@mtsinai.on.ca

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