Les niveaux et les stades : L’approche se situe dans une perspective développementale. Kohlberg distingue d’abord trois niveaux ou paliers dans le développement du jugement moral; à chaque niveau ou palier, les recherches expérimentales ont montré qu’il existe au moins deux types de structures différentes de jugement moral. L’individu évoluant à travers les stades est amené vers l’autonomie personnelle et morale (stade 6). L’individu, passant d’une structure à l’autre, devient mieux outillé pour résoudre les problèmes de la réalité quotidienne en s’acheminant vers l’autonomie. Donc les niveaux sont au nombre de trois et les stades au nombre de huit.

Stade 0

Inorganisé.

Non différenciation du réel.

NIVEAU 1 : MORALE PRÉ-CONVENTIONNELLE

À ce niveau, l’enfant répond aux règles culturelles du bon et du mauvais, mais il applique ces étiquettes en fonction des conséquences physiques ou hédonistes de l’action(punition, récompense, échange de bons soins), ou encore selon le pouvoir de coercition physique de ceux qui énoncent ou font respecter ces règles.

Stade 1

Punition/Récompense.

L’individu est soumis à l’autorité. La loi du plus fort, loi de la jungle. Obéissance et punition : l’enfant s’incline devant la position hiérarchique et le pouvoir des parents. Les conséquences physiques d’une action déterminent ici sa bonté ou sa malice, sans égard à la signification ou à la valeur humaine de ses conséquences.

Stade 2

Donnant/Donnant.

Égocentrisme. Moi, moi et moi (« Me, myself and I »). Loi du Talion (« oeil pour oeil, dent pour dent »). Effort pour un résultat : l’enfant s’incline devant une loi ou rend un service seulement s’il a l’impression qu’il en retirera un bénéfice en retour. L’action droite est ici celle qui, par sa médiance, peut satisfaire les besoins personnels, et, occasionnellement, les besoins des autres. Les relations sont considérées comme les relations strictement commerciales d’une place de marché: c’est du donnant donnant.

NIVEAU 2 : MORALE CONVENTIONNELLE

À ce niveau, l’action qui satisfait aux attentes de la famille, du groupe ou de la nation, est perçue comme valable en soi, indépendamment de ses autres conséquences. L’attitude morale comporte ici non seulement une conformité aux attentes de l’entourage et de l’ordre social, mais aussi une loyauté envers ces dernières, doublée d’une volonté active de maintenir, supporter et justifier l’ordre social; et d’identifier ses vues avec celles des personnes physiques ou morales qui le composent.

Stade 3

Bonne concordance interpersonnelle.

Stade du bon petit garçon et de la gentille petite fille; début de l’empathie. L’enfant recherche l’approbation d’autrui et se conforme pour plaire. La bonne action est ici celle qui plaît, celle qui aide les autres ou celle que les autres approuvent. Il y a, à ce stade, une forte conformité aux images stéréotypées de comportement de la majorité ou du comportement identifié comme naturel. De plus, l’action est fréquemment jugée selon les intentions qui la sous-tendent. Pour la première fois, le « il a voulu bien faire » devient important. On cherche ici à gagner l’approbation des autres en étant gentil.

Stade 4

Loi et ordre.

Pensée abstraite et concept sociétal; prédominance du sens du devoir; normatif. « Law and order ». Adhésion à des règles pour maintenir l’ordre social de sa communauté. On retrouve ici une disposition à soutenir l’autorité, les règles définies et l’ordre social. L’action bonne est celle qui consiste à accomplir son devoir, à être déférent envers l’autorité, et à maintenir l’ordre établi.

Stade 4 1/2

Relativisme éthique et culturel.

Crise des valeurs; tout est relatif à soi, aux goûts et aux désirs personnels.

NIVEAU 3 : MORALE POST-CONVENTIONNELLE

Stade 5

Contrat social.

Démocratique-contractuel. Stade de la négociation individuelle et sociale; hiérarchisation des valeurs. La justice découle d’un contrat entre dirigeants et dirigés qui assure à tous des droits égaux. À ce stade, l’action droite est définie surtout en termes de droits individuels ou selon des critères examinés de façon critique et admis par l’ensemble d’une société. On reconnaît à ce stade le relatif des opinions personnelles; l’accent est souvent mis sur les règles de procédures capables de favoriser un consensus véritable. Sauf pour ce qui est constitutionnellement et démocratiquement admis, le « bien » relève des valeurs personnelles. Les ententes libres et les contrats honnêtes constituent la substance de l’obligation morale.

Stade 6

Justice et principes éthiques.

Stade de l’empathie parfaite fondée sur l’interpersonnalité et les principes de la dignité humaine. L’individu se comporte selon des principes éthiques qui sont à la fois logiques, universels et cohérents, i.e. qui lui paraissent devoir s’appliquer quelle que soit sa situation personnelle dans la société. Le bien est ici défini selon la décision de la conscience individuelle éclairée, appliquant à une situation concrète des principes éthiques. Ces principes seront choisis en fonction de leur pertinence, cohérence, globalité et universalité.

Stade 7

Mystique.

Pensée cosmique et méta-éthique.

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