Les États sont en particulier liés par l’obligation de respecter le droit à la santé, notamment en s’abstenant de refuser ou d’amoindrir l’égalité d’accès de toutes les personnes, dont les détenus, les membres de minorités, les demandeurs d’asile et les immigrants en situation irrégulière, aux soins de santé prophylactiques, thérapeutiques et palliatifs

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Le droit au meilleur état de santé susceptible d’être atteint« .

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DUR DUR D’ÊTRE UN BÉBÉ

Cela se produit en ce moment. Tout autour de vous, et peut-être même en vous.

Des cas d’hypovitaminose D et de rachitisme extrêmes ont été signalés chez des enfants de mamans voilées ou couvrant leur corps de semblable manière. Si celles-ci ont, en plus, une peau particulièrement foncée, l’hypocalcémie (manque de calcium) consécutive au manque de vitamine D peut causer des convulsions (voir illustration). La plupart des personnes ayant une peau fortment pigmentée vivent en état presque permanent d’hypovitaminose D si elles vivent à des latitudes relativement boréales (États-Unis, Canada, centre et Nord de l’Europe, par exemple) du fait que leur peau les surprotège des rayons ultraviolets nécessaires à la production de vitamine D. L’apport alimentaire n’a que peu d’impact sur cela.

Avant les symptômes évidents de rachitisme, l’enfant né d’une mère ne produisant pas assez de vitamine D est léthargique, irritable, faible et peut ressentir des souffrances dans les membres. Combien d’enfants issus de minorités ethniques (« raciales ») et religieuses naissent avec ce fardeau sans être traités? Un très grand nombre d’enfants, comme nous allons le voir.

Attention : risque de fracture (en tombant de sa chaise)

Il y a maintenant 28 ans, en 1979, Bachrach, Fisher et Parks ont publié « An outbreak of vitamin D deficiency rickets in a susceptible population » (Éclosion de rachitisme par hypovitaminose D chez une population prédisposée).

Nous trouvons dans cette étude clinique les détails principaux permettant de diagnostiquer le problème et de le traiter; il y est question des populations qui cachent leur peau (certains musulmans, mais aussi d’autres qui sont adventistes).

L’article parut dans Pediatrics.

De nombreuses autres études ont suivi, qui ont confirmé la valeur de l’étude initiale.

28 ans plus tard, la médecine n’a pas évolué, elle a même régressé. Nous sommes désormais à l’heure de la « médecine factuelle » (ou basée sur des « données probantes »; Evidence-Based Medicine), si bien qu’il est désormais possible de dire, après avoir confirmé les résultats de l’étude de 1979 que…

Plus de recherches

sont nécessaires

(Further research is necessary)

et pourquoi donc?

Pour connaître

les conséquences à long terme

de la carence en vitamine D

chez le nouveau-né

et sa mère

(to determine the long-term consequences of maternal and neonatal vitamin D deficiency)

Pourquoi voulons-nous connaître les effets à long terme de ce manque (à supposer que nous n’en sachions pas déjà assez?)

Pour émettre des recommandations

sur la supplémentation

de vitamine D

durant la grossesse

(in order to issue guidelines on vitamin D supplementation during pregnancy. (Dijkstra & al, 2007 (a,b)))

Voici comment, en affectant une posture d’objectivité scientifique, avec le jargon stéréotypique de la « médecine factuelle », on en vient à laisser des enfants vivre les neufs mois les plus cruciaux de leur vie en détresse métabolique,

JUSTE POUR VOIR CE QUE ÇA FAIT!

Voilà un attrait pour le factuel assez douteux. Ici, curiosité scientifique et voyeurisme se confondent.

Cet article a été publié en septembre 2007 dans Archives of Disease in Childhood, une publication faisant autorité, qui est rattachée au British Medical Journal.

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Références

Bachrach S, Fisher J, Parks JS, « An outbreak of vitamin D deficiency rickets in a susceptible population », dans Pediatrics, 1979, p. 871–7

Dijkstra SH, van Beek A, Janssen JW, de Vleeschouwer LH, Huysman WA, van den Akker EL, « High prevalence of vitamin D deficiency in newborns of high-risk mothers », dans Arch Dis Child Fetal Neonatal Ed. , 2007

Dijkstra SH, van Beek A, Janssen JW, de Vleeschouwer LH, Huysman WA, van den Akker EL, « High prevalence of vitamin D deficiency in newborn infants of high-risk mothers », dans Arch. Dis. Child., 2007, p. 750–3

Voir aussi :

Grover SR, Morley R, « Vitamin D deficiency in veiled or dark-skinned pregnant women », dans Med. J. Aust., 2001, p. 251–2

Binet A, Kooh SW, « Persistence of Vitamin D-deficiency rickets in Toronto in the 1990s », dans Canadian journal of public health. Revue canadienne de santé publique, 1996, p. 227–30

Benson J, Skull S, « Hiding from the sun – vitamin D deficiency in refugees », dans Australian family physician, 2007, p. 355–7

Dijkstra SH, Arpaci G, Huijsman WA, Boot AM, van den Akker EL, « [Seizures in foreign newborns due to maternal vitamin-D deficiency] », dans Nederlands tijdschrift voor geneeskunde, 2005, p. 257–60