psychopathie


Comme vous pourrez le voir en cliquant ci-dessus les catégories « neurones miroirs » ou « neurones empathiques », la découverte de cette population de neurones située à peu près à l’endroit que l’on fr-crtun2touche quand on dit « ça va pas, la tête? » est un moment majeur dans l’histoire de la science et de l’humanité car il sera enfin possible de diagnostiquer très objectivement le manque de sens moral et de compassion. Ce n’est plus en dehors du domaine supposément neutre de la science.

Entrons donc dans notre gymnase psychique. Âmes sensibles s’abstenir (c’est un exercice pour les autres).

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Go!

Le lancer de la chaussure est une de ces belles traditions irakiennes qu’il serait bon de préserver. Ici, nous voyons un intellectuel irakien (un journaliste) en faire un usage politique. Il est vrai qu’une chaussure fait plus mal qu’une babouche. D’un autre côté, une bombe fait plus de mal qu’une roche.

La ville, comme les médias, sont, dans l’état actuel des choses, corrupteurs de la sensibilité innée de l’homme à autrui. La proximité dans laquelle nous vivons les uns des autres a tôt fait de refroidir l’instinct d’animal social pour faire place à un profond sentiment d’impuissance de tous envers tous — à l’exception de quelques relations et de la famille (quand tout se passe pour le mieux) — alimenté quotidiennement par le spectacle de la misère et de l’égocentrisme.

Avant que n’existent les fourmillières humaines, avant l’apparition de l' »information », il était possible de passer de l’indignation, de la colère, de l’inquiétude, à l’action. Songer au destin d’une personne qu’on ne connait pas, loin de notre communauté, relevait du religieux. Désormais, les personnes que l’on ne connaît pas sont à quelques mètres de nous et sont plusieurs milliers. En fait, nous vivons dans une seule et unique ville faite de béton et d’ondes. Il n’y a plus d’espace et il n’y a plus de religion.

Si bien que la préservation de l’instinct social, de l’empathie, devant la menace de surpopulation psychique, passe par une nouvelle forme de religiosité. Pour les matérialistes, il n’y a pas d’issue, il faut rentrer dans le rang, faire le peu qu’on peut et apprendre à s’économiser quand le sens de l’impuissance frappe. Pour ceux qui ne croient pas au matérialisme (matière, matière, tout n’est que matière), la science offre quelques pistes. En fin de compte, la croyance selon laquelle les religions n’étaient que des phénomènes politiques et psychanalytiques a été réfutée de plusieurs manières, mais tout particulièrement par des études sur l’effet de la pensée sur la matière — à distance. Il semble que la prière soit bien plus qu’un rituel, c’est une modalité de l’existence, et elle a un impact. Cela a été vérifié par divers chercheurs dans divers contextes expérimentaux.

Rupert Sheldrake Online
Rupert Sheldrake biologist author telepathy research, morphic resonance, powers of animals, psychic pets, dogmatic skepticism, media skeptics.
http://www.sheldrake.org/
Global Consciousness Project — consciousness, group consciousness …
Scientific research network studying global consciousness: Description, Specifications, Data Access, Results.
http://www.noosphere.princeton.edu/
Brian Josephson’s home page
Professor Brian Josephson (1973 physics Nobel laureate), director of the Mind-Matter Unification Project of the Theory of Condensed Matter Group at Cambridge
http://www.tcm.phy.cam.ac.uk/~bdj10/

Si bien que la question qui demeure est : peut-on vraiment se permettre d’ignorer que désormais, tout ce qui nous reste, dans la fourmillière humaine (hormis quelques bonnes actions sans grand impact social) c’est une pensée qui agit… à distance? Ou alors choisirez-vous de croire que ce n’est qu’une consolation, une auto-mystification, un opium, comme le voudraient les ennemis de la Raison et de la Science (qu’on appelle les sceptiques)?

La ville est une création de la classe capitaliste. Il y a quelques siècles, la technique a permis à certains de s’enrichir de façon inouïe sur le dos de la multitude, car le volume de production avait augmenté de façon tout aussi inouïe. Tout ce qu’il fallait, c’était une masse de travailleurs pas trop loin.

La suite de l’histoire, on la connaît : l’essentiel de la richesse est entre les mains d’une infime minorité (qui d’ailleurs ne cesse de décliner en nombre et d’augmenter en puissance), et nous, pendant ce temps sommes continuellement en état de privation (d’argent, de temps, ou les deux). Nous sommes aussi privés d’espace, et c’est peut-être le plus important. L’espace qui nous manque, ce ne sont pas les espaces verts (où chacun s’en va se faire croire qu’il est en harmonie avec la nature). Ce sont les espaces humains, où l’on pourrait espérer vivre une certaine harmonie entre nous. Où nous pourrions nous ré-enraciner.

Sempé

Sempé

La vie en ville expose à des dizaines de milliers de personnes, de visages et de corps, et convainc de la futilité de l’amitié. Pourquoi diable être affable avec tant de personnes, pourquoi cultiver une dizaine de milliers d’amitiés naissantes? C’est insensé. Et pourtant, c’est ce pour quoi nous sommes faits, depuis de milliers de générations. Nous sommes faits pour être disponibles et curieux. Nous sommes dotés de neurones empathiques plus volumineux et connectés que toute autre espèce. Nous naissons avec une capacité d’empathie qui fait que dès les premières heures, nous imitons les adultes! (Meltzoff, 1973)La découverte de Meltzoff

Exposons un villageois au spectacle d’une station de métro à l’heure de pointe : il fuira ou dépérira. Fréquemment, les ruraux ressentent de l’effroi à la vue des citadins. Ils sentent que le citadin est dépourvu d’empathie et incapable d’engagement.

La ville est une zone de désertification sociale.

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Tandis que nous sommes devant nos télévisions à regarder les nouvelles de notre planète, choqués, mais nous demandant bien ce que nous pourrions faire, à part des choix de consommation responsables, notre environnement le plus immédiat, notre corps, souffre, tout comme la planète, à cause de la charge de produits de l’industrie qui s’y accumule.

Tous, sans exceptions, nous respirons, buvons, mangeons et respirons les produits de l’industrie qui feront de nous des clients du système médico-industriel comme cancéreux, asthmatiques, allergiques, dépressifs, déficitaires de l’attention.

Et si, parallèlement aux avertissements sur l’avenir de la planète, il y avait, régulièrement, à heure de grande écoute, des nouvelles de notre environnement immédiat, de nos corps, et particulièrement de nos ADN, de nos glandes et de nos cerveaux?

Les criminels qui détruisent notre planète détruisent aussi nos existences. Nous avons le droit de le savoir. Nous avons le droit de savoir comment leurs molécules tuent, font souffrir, et rendent autistes ou indifférents.

À moins que la faculté la plus importante de l’homme, qui loge dans les neurones miroirs (neurones empathiques), soit déjà trop polluée pour fonctionner adéquatement. Le nombre croissant d’autistes n’est que la pointe de l’iceberg. La pollution les frappe plus que les autres, mais les neurones miroirs de chacun d’entre nous sont pollués et déficients. La faculté la plus noble de l’homme, l’empathie, la conscience du monde, est atteinte.

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interaction, and restricted and repetitive interests and activities-has been found to be present in the general population with no clear demarcation between pathological severity and being a common trait.

London E. The role of the neurobiologist in redefining the diagnosis of autism. Brain Pathol. 2007 Oct;17(4):408-11.

The diagnostic triad of symptoms that defines autism-impaired communication, impaired social

Références

Myers, Pete. Good genes gone bad. American Prospect, April 2006. Dans : Our Stolen Future Homepage
Vedantam, Shankar. Social Isolation Growing in U.S., Study Says- The Number of People Who Say They Have No One to Confide In Has Risen. The Washington Post Friday, June 23, 2006; A03

brave-new-world.jpgIl est incontestable que l’ensemble de la population, n’étant pas bien informée par les élites, est handicappée neurologiquement par manque de vitamine C, de vitamine D, de magnésium, d’acides gras polyinsaturés, d’eau, et d’autres molécules de base qui devraient être apportées en quantités adéquates, selon les besoins de la personne, et non pas selon les besoins de l’industrie de l’agro-alimentaire et du complexe médico-industriel. Il est évident qu’à ces handicaps se surajoutent ceux causés par les métaux lourds, dont le plomb, et par d’autres produits de l’industrie qui, on le sait, affectent le cerveau, ce délicat organe, avant tout autre partie du corps.

Mais une autre particularité de cet organe si sensible, du moins chez les Grands Primates, dont l’homme, est qu’il ne peut s’épanouir que s’il entretient des contacts significatifs avec autrui, avec d’autres cerveaux, via les neurones miroirs. Ainsi donc, la culture de l’horreur se propage comme une maladie neurologiquement transmissible, nous rendant tous blasés, insensibles et égocentriques. Mais n’y a-t-il d’autres solutions que la censure (qui permet de suppléer aux super-neurones miroirs décrits dans Diagnostic et traitement de la sociopathie ordinaire) et la réhabilitation, notamment à l’aide de l’imagerie médicale?

L’ultime violence, qui court-circuite absolument nos neurones miroirs, est celle qui frappe des personnes que nous savons véritablement vivantes. Entre les adeptes de Quentin Tarantino et les personnes qui suivent l’actualité sans jamais la rattraper, y a-t-il une si grande différence?

Certains ont des troubles de l’humeur, d’autres non, mais la vaste majorité d’entre nous ne sait pas ou n’a pas les moyens d’écouter la voix de la conscience — la voix des neurones miroirs/empathiques. C’est que voilà, le monde est si grand, et nous sommes si petits!

Le sens moral — le bonheur de soulager la souffrance, le soin aux plus faibles, l’instinct qui pousse à porter secours, sont restés intacts chez nos cousins les primates. La principale raison : ils vivent en petits groupes, de quelques dizaines d’individus (Baschetti, 2006). Les sociétés humaines, par contre, accommodent assez bien les actes répréhensibles et l’égocentrisme, qui seront noyés dans l’anonymat. On pense que c’est la naissance de l’agriculture qui aurait donné le coup d’envoi de cette vaste partie de massacre.

Les troubles de l’humeur dans tout cela? Pourquoi poser un cataplasme  sur une tête de bois? Tous et toutes, nous devrions être anéantis par le désespoir, l’anxiété, l’insomnie, les phobies, e tutti quanti. Mais nos neurones empathiques doivent être tus, il nous faut « lâcher prise », pour nous occuper de nous-mêmes, de notre bac vert, de notre panier d’épicerie et de notre bulletin de vote.

Et l’on veut se faire croire qu’en s’occupant de sa tribu immédiate, on aura fait sa part. Comme si la vie était une jolie chorégraphie. Allez dire ça aux 90 % de l’humanité qui sont exploités par les oligarchies que nous élisons, que nous faisons vivre, pour lesquelles nous travaillons.

La panacée aux troubles de l’humeur est dans la reconquète des neurones empathiques, sans quoi la vie sera artificiellement heureuse ou quiète. Ce qu’on appelle le bonheur actuellement n’est qu’un cas particulier d’autisme.

Et ce n’est pas à une petite échelle que la reconquète se joue, mais à l’échelle même de l’Humanité.

Solidarity is the best medicine

Références

Ramonet, Ignacio. The politics of hunger. Le Monde Diplomatique, version anglaise.

Baschetti R. The dawn of science-based moral reasoning. Med Hypotheses. 2007;68(1):4-8. Epub 2006 Sep 15.