syndrome métabolique


L’énorme erreur

Nous avons vu que la myopie de l’appareil médical fait que le manque de magnésium, cet ion fondamental, impliqué dans au moins 300 réactions métaboliques, qui semble être intimement lié à la pathophysiologie de l’obésité et du syndrome métabolique, se perpétue depuis des décennies, malgré les alertes lancées par la recherche fondamentale… et par l’appareil judiciaire! Personne ne sait combien la société dans son ensemble changerait si la médecine voyait l’évidence.

Mais les citoyens ne sont pas informés de plusieurs autres aberrations métaboliques qui offrent un terrain fertile à l’apparition de l’obésité.

Le manque de fer et l’anémie

L’anémie

Tout manque de fer ne cause pas d’anémie, mais si l’on s’attarde uniquement à l’anémie, nous constatons que les petits enfants souffrant d’un excès de poids ont près de 3 fois plus de risques d’être anémiques (2,85 fois plus).

Un bambin ayant un excès de poids sur cinq est anémique.

Cela donne donc plusieurs millions de bambins souffrant d’anémie qui ne sont pas traités. Certains subissent des régimes.

Manque de fer ne causant pas d’anémie

à suivre

Autres droits physiologiques non respectés

à suivre.

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État des lieux

Jour après jour, la malnutrition frappe des millions d’enfants et les laisse terriblement handicapés. Ils portent le fardeau honteux d’un ventre qui les suivra, probablement, toute leur vie. Après avoir gâché leur vie sociale, cette masse de chair s’attaquera à leur santé.

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Ils se feront regarder de haut comme s’ils étaient coupables de leur infortune, coupables d’être des fardeaux pour la société. Pourtant, une fois que l’obésité est installée, aucun effort de volonté ne permettra de remonter la pente (Prescrire international, 2007). Mais nous pouvons les aider.

L’Observatoire du droit à la santé entend éduquer le corps médical et les administrations publiques au sujet de la malnutrition qui frappe les enfants préobèses et obèses et de leur fournir des outils, ainsi qu’aux parents, pour leur permettre de lutter à armes égales contre la malnutrition.

Éducation

Bien qu’il existe plusieurs aspects à la malnutrition qui frappe actuellement nos enfants, un des premiers en importance est l’hypomagnésie qui résulte de notre société obésogène (Mansmann, 2004; Barbagallo & Dominguez, 2006). Il peut sembler impensable que le magnésium ait été oublié par la médecine orthodoxe. C’est pourtant le cas, depuis fort longtemps (ceci expliquant cela, jusqu’à un certain point).

L’énorme erreur

1. Les tests actuellement disponibles ne sont pas utiles mais néfastes, puisqu’ils donnent ce qu’on appelle de faux négatifs. Il ne sont d’ailleurs guère utilisés :

One of the main reasons Mg metabolism has not been the focus of routine attention in clinical practice is because of the difficulties in obtaining an easily available, accurate, and reproducible measurement of Mg status (Barbagallo & Dominguez, 2006).

Cela fait maintenant plusieurs décennies que nous savons que le magnésium que l’on mesure par les tests sanguins habituels ne sont pas d’une utilité appréciable pour prévenir le syndrome métabolique et l’obésité. C’est une évidence: ces tests mesurent les concentrations extracellulaires de magnésium, qui ne représentent qu’1% de tout le magnésium de l’organisme.

2. Cela fait fort longtemps que nous savons qu’insuline et magnésium entretiennent d’étroites relations métaboliques :

Mg deficiency, which may take the form of a chronic latent Mg deficit rather than clinical hypomagnesemia, may have clinical significance because of the crucial role of Mg as a cofactor in many enzymatic reactions that regulate glucose metabolism (ibid).

et les études épidémiologiques permettent de mesurer la magnitude de l’effet en jeu (Monarca & al., 2006). Pourtant, rien n’a été fait, et l’inaction risque de durer encore, si nous n’intervenons pas. Pendant ce temps le cercle vicieux du déficit en magnésium, qui est aggravé ou causé par la résistance à l’insuline et, réciproquement, qui l’aggrave ou la cause, continue chez nos enfants en plein développement, et une « alimentation équilibrée » (par rapport à quoi? aux besoins de qui?) ne guérira pas cette maladie.

The hypothesis that alterations of Mg metabolism would induce and/or exacerbate insulin resistance is confirmed by data from both human and experimental animal models showing that dietary-induced Mg deficit is correlated with insulin resistance, lower fasting insulin concentrations, and insulin responses to an oral glucose load (ibid).
Hyperinsulinemia associated with the cardiometabolic syndrome may contribute to urinary Mg depletion, while the reduced insulin sensitivity may itself affect Mg transport. Altogether, independently of the cause of poor plasma and intracellular Mg content, Mg depletion seems to be a contributor of further derangement of insulin resistance (ibid).

Les outils

Ces informations, qui devraient normalement alerter tout clinicien et même lui causer un certain sentiment d’indignation (à moins que les études de médecine aient, comme cela arrive trop souvent, compromis son développement moral), ne forment qu’une partie du scandale.

Comme nous l’avons vu ailleurs, deux facteurs propres aux civilisations industrialisées sont générateurs d’hypomagnésie. Le blanchiment des farines et la « purification » de l’eau causent une diminution importante de l’apport en magnésium dans toute la population. La notion de « calorie vide » prend tout son sens dans le cas du magnésium, qui est ôté des céréales à plus de 85 % par le raffinage, particulièrement lorsque l’on prend conscience que l’énergie obtenue par la combustion des glucides des céréales devra être convertie en ATP (adénosine triphosphate), qu’on appelle la « petite monnaie » énergétique de la cellule, et que chaque molécule d’ATP a besoin d’une molécule magnésium pour être chimiquement stable et utilisable. Ce sont des notions de base enseignées (quoique mal) en première année de médecine, parfois même avant.

Le conformisme et le pseudoscepticisme (qui sont fréquents en science) pourront faire leur oeuvre pendant des années si la population n’est pas sensibilisée à cette négligence médicale systémique.

Étant donné l’urgence de la situation, ces notions trop simples pour attirer l’attention des industriels de l’innovation thérapeutique devront être martelées par des citoyens responsables et courageux.

Il est moralement condamnable de tirer profit de la vente de suppléments de magnésium. Il est tout aussi condamnable, pour un système de santé public, de ne pas couvrir les coûts de ces suppléments et ainsi entraver le droit de la personne à l’intégrité physique.

Si un nombre suffisant de personnes se réunit autour de l’ODS, l’organisme sera en mesure d’acquérir et de distribuer des suppléments de magnésium au prix le moins élevé possible, sans faire de profit. D’autres molécules pourraient être distribuées de la même manière, si et seulement si l’on peut faire la preuve qu’elles remédient à une atteinte à l’intégrité physique.

Références

Prescrire international, « Obesity: weight loss without drugs: a balanced diet avoiding high-calorie foods, plus exercise », dans Prescrire international, 2007, p. 162–7

In practice, a variety of non drug measures can help obese patients to lose weight. However, they only lead to modest enduring weight loss, and their limited impact on prevention of complications means they should not be pushed too insistently on patients

Mansmann, Herbert C. DOSING WITH MAGNESIUM SUPPLEMENTATION Magnesium Research, Division of allergy and clinical immunology, Department of Pediatrics, Jefferson Medical College (dern. rév. : 2004)

Barbagallo M, Dominguez LJ, « Magnesium intake in the pathophysiology and treatment of the cardiometabolic syndrome: where are we in 2006? », dans Journal of the cardiometabolic syndrome, 2006, p. 356–7

Monarca S, Donato F, Zerbini I, Calderon RL, Craun GF. « Review of epidemiological studies on drinking water hardness and cardiovascular diseases. » Eur J Cardiovasc Prev Rehabil. 2006 Aug;13(4):495-506.